E-COMMERCE, pure player ou multicanal ?
Pure player ? Multicanal ? Chacun des modèles à des avantages et des inconvénients. Les vépécistes (la Redoute et les 3 Suisses) ont choisi leur camp. Ce sera le multicanal. En plus du catalogue et des sites web, Redcats développe des réseaux de magasins : 45 chez Vertbaudet dont 39 en France, 25 chez Somewhere dont 22 en France, 65 chez Cyrillus dont 45 en France et 11 So Redoute. Le groupe 3 Suisses veut développer ses boutiques (35 sites en France) avec un objectif de 70 à 100 sites. Là où le bât blesse, c’est que ces canaux additionnels ne sont vus que comme des adjacences du cœur de métier, le catalogue. De ce seul fait, la structure de coût ne s’adapte pas à l’esprit métier du canal et les performances ne sont pas au rendez-vous.

C’est dans ce contexte, que le groupe 3 Suisses propose de racheter le fichier, la marque commerciale, les catalogues et les stocks de la société Quelle la Source. Dans leur projet de rachat, les 3 Suisses affirment s’engager à maintenir l’emploi des 120 salariés du site de Tourcoing soit 18% des effectifs supprimés en 2009. Coté salariés de Quelle, on est en droit de s’interroger. A contrario, coté business, c’est simple, on ne comprend pas. Quelle la Source a fait depuis quelques années le choix de se tourner vers internet, sans penser multicanal, misant sur le potentiel de croissance du commerce en ligne. Ce dernier reste très important du fait du retard de la France sur les pays les plus avancés en Europe en matière de e-commerce (Royau¬me-Uni, Allemagne, Pays-Bas et pays scandinaves) : en 2007, les Français ont dépensé en ligne en moyenne seulement 37 % de ce que dépensent les Allemands et les Britanniques. Le virage n’a pas réussi puisque, « parasité » par son catalogue, Quelle la Source n’a pas su penser et agir « internet ». Son avenir à long terme semble donc clair : une reprise pilotée par le web sur le modèle Camif Particuliers (www.camif.fr), dans laquelle le canal papier est placé en renfort du canal internet.


